LES VIOLENCES  « URBAINES »

       Il faut être bien peu au courant de la réalité pour s’étonner de l’explosion des banlieues en cet automne 2005. On devrait plutôt s’interroger sur les conditions, hélas habituelles, dans lesquelles s’exerce l’enseignement avec un public scolaire en mesure d’obliger l’Etat lui-même à imposer le couvre-feu. Comment les professeurs peuvent-ils faire face : voilà 30 ans qu’on évite de s’interroger. Qu’on évite aussi de se demander comment les élèves qui veulent travailler le peuvent, qu’ils soient ou non d’origine immigrée. Les établissements scolaires des zones « sensibles » ne serviraient-ils pas surtout à « sanctuariser » les désordres ? L’attention portée à la feuille d’absence y est plus marquée que celle portée aux études : c’est une véritable obsession de l’administration de l’établissement.

      Comme d’habitude on nous parle de la « souffrance » des jeunes casseurs, « victimes de l’exclusion », du racisme,de la misère etc. Pourtant il arrive qu’un journaliste constate que ces jeunes gens, qui ont l’air moins angoissés que rigolards et satisfaits d’eux-mêmes, portent des vêtements de marque qui ne correspondent guère au statut ainsi décrit. ( Figaro 7 XI O5). Le service des Renseignements Généraux, par recoupement d’informations, peut fournir un portrait type d’une des familles qui ont attirés son attention : « chômeurs ou inscrits dans des agences d’intérim, les trois fils M.R. – âgés de 18 à 25 ans- (…) – vivent théoriquement au dessous du seuil de pauvreté … Ils sont pourtant titulaires de pas moins de quatorze comptes courants et codevi ouverts aux quatre coins du département (…) les trois fils M.R. sont propriétaires de huit véhicules dont une Audit A3 TD1 de 14 chevaux, une grosse BMW. Et à quelque rares contrats d’intérim près, le seul revenu régulier qu’ils soient en mesure de justifier se limite aux 599 euros mensuels de l’allocation d’adulte handicapé(…) A quelques rares variantes près, les familles ainsi fichées ont un profil identique qu’il soit judiciaire, fiscal, bancaire. Ou d’ailleurs social : « le taux d’adulte handicapé atteint dans ces familles à risques des sommets inexplicables » (Nice-Matin 9 XI 2005)  

       Les familles, nous dit-on, ne remplissent pas leur tâche  et les jeunes n’ont plus de repères. Soyons sérieux : les médias et même la publicité, quand ce n’est pas la législation, s’ingénient à promouvoir les antivaleurs de l’éthique occidentale, au point d’ailleurs que la seule valeur sûre qui reste aux jeunes européens c’est leur famille et, contrairement à ce que l’on dit, ils en ont tout à fait conscience, même si la famille est brisée. Vos enfants vous aiment bien plus que vous ne croyez et comptent essentiellement sur vous, même quand la séparation du couple les déchire.

       On nous rebat les oreilles d’un sentiment d’exclusion qui expliquerait rancœur et échecs des enfants de l’immigration. Comment expliquer alors la disparité de succès entre filles et garçons issus de l’immigration maghrébine et que tous ceux qui ont affaire à ce public peuvent constater ? Mme Guigou, député de Seine-Saint Denis, dans un entretien radiophonique ( le 3 XI 05 ) déplorait que les médias ne mettent pas en évidence les succès des zones de banlieue, par exemple 5 jeunes gens du lycée de Bondy admis à « Sciences Po », un garçon et quatre filles : cette proportion n’est pas un hasard! Et on cherche en vain là le critère de discrimination raciale.
       La vérité c’est que la philosophie des droits de l’homme qui sous tend la politique française depuis très longtemps récuse l’importance des différences culturelles. Le modèle français à travers Jules Ferry, disciple d’Auguste Comte, lui-même sous produit de la philosophie des Lumières, considère que tous les hommes sont égaux et donc semblables puisqu’on ne peut comparer que ce qui se ressemble : les cultures ne créent donc pas de différences essentielles, ce sont les « chances » qui engendrent les inégalités. Ne nous a-t-on pas tympanisés avec ce thème !  
       Non ! la vérité c’est que les êtres humains ne se ressemblent jamais vraiment, même les enfants d’une même famille. On ne peut les considérer comme des ordinateurs de série. Les cultures non plus ne se ressemblent pas et le modèle culturel que fille et garçon reçoivent de leur milieu est différent selon les cultures. La jeune maghrébine dont la famille émigre en France ne rêve pas de vivre comme une femme arabe du 7ème siècle, contemporaine de Mahomet ; le garçon, lui, est plus déchiré : il désire les biens et les situations enviables de notre civilisation qui le valoriseraient selon lui, mais plus il se sent incapable de les obtenir rapidement plus il s’accroche à son statut culturel valorisant de garçon. A travers les violences urbaines c’est son image qu’il s’efforce de préserver, d’où cette volonté farouche d’apparaître à la télévision aux meilleures heures et cette fringale de vêtements de marque. D’où aussi cette obstination à accuser de ses échecs le racisme du pays d’accueil ;et ces garçons sont puissamment confortés dans ce type de justification par toutes les « Hautes autorités » et les moins hautes qui ne cessent de suspecter nos compatriotes à ce sujet, sans égard à la présomption d’innocence ni, d’ailleurs à cette liberté d’expression qui fut, paraît-il, une conquête de la Révolution !

       Qu’ils aient du mal à réussir, quoi d’étonnant surtout si la famille n’a pas su leur apprendre la discipline et l’obstination nécessaire au succès : nos bons élèves issus de l’immigration viennent toujours de familles qui les ont éduqués avec sérieux ; on ne pouvait pas s’attendre à ce que le sous prolétariat mondial, à la recherche de nos allocations diverses, fournisse les représentants les plus solides de leur propre culture : la mère qui ne sait pas écrire et recourt à son fils pour remplir des papiers officiels n’est pas en mesure de lui en imposer. Le père d’origine sub-saharienne, convoqué pour les agressions des plus jeunes de l’établissement scolaire par son fils qui vole les blousons pour les revendre, peut penser,par devers lui, qu’il n’a jamais été aussi bien habillé… et de toute façon il a intérêt à se réfugier derrière son incompréhension de notre langue, ce qu’il fait.

        Le personnel politique ignore-t-il vraiment ces réalités ? C’est invraisemblable : les violences actuelles «s’inscrivent dans le phénomène global de la violence urbaine, embryonnaire il y a trente ans, en expansion constante depuis. (…) En 1991 nous repérions une centaine de points chauds, parmi lesquels quarante plus gravement atteints, étaient le théâtre de violence contre les policiers ; en octobre 2000, ils étaient respectivement plus de 800 et plus de 160. Les modes opératoires ont durci : usage d’armes à feu lors de rixes entre bandes, réserves de projectiles et de bouteilles incendiaires, banalisation des guets-apens contre la police, montée des trafics qui transforment les territoires en zone de non-droit» : voilà ce qu’écrit Mme Bui-Trong, ancien chef divisionnaire de la section «Villes et banlieues » à la Direction centrale des renseignements généraux. (Figaro 7XI 2005).
La législation dite « antiraciste » nuit surtout aux plus pauvres auxquels on interdit ainsi de se plaindre, c’est à dire de se défendre ! Il y a véritablement non assistance à personnes en danger. La multiplication des associations diverses d’aide aux immigrés n’a pas, on le voit, enrayé les phénomènes, mais on renouvelle les subventions. Pour avoir l’air de faire quelque chose? Quant à construire 20% de « logements sociaux » dans toutes nos villes pour faciliter l’intégration, il n’est pas difficile d’imaginer quels désordres on va ainsi multiplier !
 
      « Donner de l’espoir aux jeunes des banlieues » (puisqu c’est par euphémisme qu’on désigne les populations allogènes)  n’est-ce pas les leurrer sur les possibilités actuelles de notre pays alors que la classe politique a sacrifié notre industrie sur l’autel de la mondialisation? (voir rubrique économie : Maurice Allais : La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance). Depuis trente ans la politique de l’emploi consiste à multiplier les cache chômages : les jeunes Français aussi sont victimes du chômage et vivront toute discrimination en faveur des jeunes issus de l’immigration comme une grave injustice,   comme une prime aux casseurs. On peut s’interroger sur la coexistence de cette politique mondialiste de destruction des emplois en France et l’acceptation d’une immigration massive. Nos élites politiques, qui nous parlent si souvent de nos « devoirs citoyens », seraient bien avisées de se rappeler les leurs.



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