LA « CRISE » DES BANLIEUES EXPLIQUEE AUX RUSSES


   Invitée par la chaîne de télévision russe NTV Mme Carrère d’Encausse a présenté ainsi la crise des banlieues françaises : « Ces gens viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d’Europe ne sont pas des villages africains. Par exemple tout le monde s’étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et non pas à l’école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C’est clair, pourquoi : beaucoup de ces africains , je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement il y a trois ou quatre femmes et vingt cinq enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues ». Et l’académicienne d’ajouter : « pendant des années le gouvernement n’osait même pas appeler ces gens des hooligans :ce mot n’était pas autorisé. Lorsque Nicolas Sarkozy les a appelés « voyous » et « racailles », ces jeunes gens, ces chéris, ont demandé qu’il s’excuse. En France nous avons une abominable manie des excuses » Et, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Moskovskie Novosti, la secrétaire perpétuelle de l’Académie française s’est lancée dans ce parallèle entre les médias russes et français : « Oui la télévision russe ne fait que suivre Poutine pas à pas. Mais la télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar (…) vous allez en prison si vous dites qu’il y a cinq juifs ou dix Noirs à la télévision. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques,
sur la seconde guerre mondiale et sur beaucoup d’autres choses. On vous juge tout de suite pour infraction » ; et comme pour justifier cette appréciation, « Libération » du 15 XI 05 qui rapporte ces entretiens, surtitre « l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse dérape ».

      Il est évident que le « politiquement correct » est purement et simplement une censure. Si on lie les deux entretiens on voit qu’ils signifient que la nation française n’a jamais été consultée sur une immigration qui en modifie profondément la nature et qu’il suffit au pouvoir de faire voter des lois « éthiques » pour lui interdire de donner son avis, bien qu’elle soit concernée au premier chef. Ainsi la légalité se moque de la légitimité.
      Comment cela est-il possible ? C’est la Constitution de la Vème République qui permet ce tour de passe-passe : non seulement elle donne légalement au chef de la majorité un pouvoir véritablement monarchique, mais en outre elle donne à une majorité qui serait en difficulté en fin de mandat, le moyen de modifier les modalités des élections. Si cela ne lui permet pas de gagner les élections suivantes, cela lui permet d’éliminer toute concurrence extérieure à la nomenclatura : sur ce point les intérêts des partis qui se disent « de gouvernement » coïncident.
      L’arrogance qu’on attribue malheureusement à la France n’est que celle d’une classe politique sûre d’elle-même parce qu’elle a réussi à bloquer toute concurrence. C’est d’abord
vis-à-vis des Français qu’il y a arrogance en leur imposant légalement le « politiquement correct » qui leur interdit, sous peine de poursuites judiciaires, de donner leur opinion sur l’immigration et même d’en connaître le coût ce qui est un déni de démocratie. Mme Carrère d’Encausse a raison lorsqu’elle affirme « Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline ». Et nous ne manquons pas non plus de commissaires politiques patentés !
          


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