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Le texte de Nietzsche :

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La conscience n'est qu'un réseau de communications entre hommes ;
c'est en cette seule qualité qu'elle a été forcée de se développer ; l'homme
qui vivait solitaire, en bête de proie, aurait pu s'en passer. Si nos actions,
pensées, sentiment et mouvement parviennent - du moins en partie -
à la surface de notre conscience, c'est le résultat d'une terrible nécessité
qui a longtemps dominé l'homme, le plus menacé des animaux :
il avait besoin de secours et de protection, il avait besoin de son semblable,
il était obligé de savoir dire ce besoin, de savoir se rendre intelligible ; et
pour tout cela, en premier lieu qu'il eût une « conscience », qu'il
« sût » lui-même ce qui lui manquait, qu'il sût ce qu'il sentait, qu'il
« sût » ce qu'il pensait. Car comme toute créature vivante, l'homme pense
constamment, mais il l'ignore. La pensée qui devient consciente ne repré-
-sente que la partie la plus infime, disons la plus superficielle, la plus
mauvaise de tout ce qu'il pense : car il n'y a que cette pensée qui s'ex-
-prime en paroles, c'est-à-dire en signes d'échanges, ce qui révèle l'origine
même de la conscience. »
Extrait des annales du bac de 1997 - Texte donné notament en espagne en juin 1991.


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