INTEGRATION
?
Autoroute : arrêt à une heure déjà tardive
pour le déjeuner, un peu au sud de Paris. Des garçons
jouent dans une aire de jeu, surveillés par un homme encore
jeune coiffé d’un fez noir. Nous nous installons à une
table vide, un peu loin, sous les arbres. Notre petit repas fini, nous
regardons les dîneurs plier bagage. L’aire se vide, les
garçons jouent toujours. Nous nous demandons où est leur
mère et, comme en réponse, suivant l’homme,
apparaît une femme en burka. Tout de noir vêtue, la
tête totalement cachée par les voiles de l’immense
coiffure. A son coté, une très jeune fille en gris et
noir, un long voile enserre ses cheveux et souligne son jeune visage
aux traits réguliers. Saisissante image de deuil, le deuil de la
liberté. Les garçons accompagnent le cortège que
l’homme dirige derrière un bosquet. Où
étaient-elles tandis que les garçons jouaient ? Ainsi
habillée, la jeune fille fréquente-t-elle le
collège ?
Famille de Seine –Saint Denis qui revient après les vacances ?
Non : leur voiture est immatriculée 30. L’assimilation sous la
burka ? Quelle peine nous fait ce spectacle !
L’échec de l’intégration est évident et les
politiciens qui nous en parlent (et nous la font payer !) ont une
lourde part de responsabilité : ils ont bel et bien
modifié les lois de la République, dans leur
incapacité ou leur refus de réaliser l’assimilation. La
presse du 17 XI 04 nous en fournit deux exemples
particulièrement frappants : Le Parisien ce jour-là
titrait « Irak : la filière française : comment un
jeune Français du XIXème arrondissement de Paris peut-il
se transformer en combattant de l’Islam et mourir les armes à la
main du coté de Falloudja ? » et l’article d’essayer de
faire comprendre ; « comment deux Parisiens comme tant d’autres
ont-ils basculés dans l’Islam radical (…) La famille (H.) est
arrivée dans cette H.L.M. bien tenue (…) Au deuxième
étage vivent la mère, trois garçons et deux
filles. Habiba porte un voile noir et élève ses enfants
seule. » ; pour garder leur voile, les deux filles ont
préféré, l’une perdre son emploi, l’autre renoncer
au collège, écrit le journaliste. C’est le cadet qui a
transformé sa vie et celle de sa famille : « Il roulait en
Opel Corsa écoutant du rap à plein volume, fumait des
joints et traînait tard dans la capitale. Puis sa vie a
basculé. Redouane H. était un jeune homme comme les
autres ( !) », puis « il a rencontré Allah »
et, dit sa mère, il « est rentré dans le droit
chemin ». Remarquons que ce jugement recoupe exactement les
affirmations de différents ministres de l’Intérieur qui
nous ont expliqué qu’il fallait favoriser la pratique religieuse
des jeunes issus de l’immigration pour qu’ils acceptent un comportement
« citoyen » ! Est-il tellement sûr, cependant, que la
notion de « droit chemin » soit la même pour ces
ministres et pour cette mère de famille ? En tout cas, la
multiplication des logements sociaux qui appauvrit la population
laborieuse, ne garantit pas, on le voit, l’intégration des
populations musulmanes.
Assez normalement, toute la famille s’est pliée aux nouvelles
règles imposées par l’aîné des
garçons, qui le premier a entendu la voix d’Allah.
Le même jour, Le Parisien rend compte d’un procès, sous le
titre « la triple vie du député assassiné
» ; il s’agit d’un député algérien, proche
du F.L.N. Il avait épousé religieusement Louisa B.,
adjointe au maire de Nanterre, mais par quatre fois avait annulé
le mariage civil. « Quant à l’autre famille du
député, sa femme et ses quatre enfants domiciliés
dans la Loire, personne » dans la famille B. « n’en avait
entendu parler avant le meurtre » du député. Ce
drame serait-il arrivé si la loi républicaine n’avait pas
été tordue en faveur de l’Islam : elle interdit en effet
que le mariage religieux soit célébré avant le
mariage civil ; chrétiens et juifs y sont assujettis et la
respectent. Elle paraît bien plus nécessaire encore pour
les pratiquants d’une religion qui admet la polygamie car cela
présente un risque considérable de multiplication de
familles monoparentales, de femmes seules élevant une nombreuse
famille. Certes sur le plan matériel, la France y pourvoit et
nous avons vu précédemment une famille bien logée
dont la jeune fille a préféré le chômage
plutôt que quitter le voile ! L’iman de Vénissieux,
renvoyé en Algérie pour atteinte à l’ordre public,
« laisse en France ses deux épouses et ses 16 enfants
» (Figaro du 6 X 04) : il n’y a donc pas de regroupement familial
en Algérie ? Si on demandait son avis au contribuable, il est
loin d’être sûr qu’il serait d’accord ! Aussi les
politiques en font-ils à leur tête, sans nous demander
notre avis, sans doute même sans être vraiment conscients
des désordres qu’ils créent : la France « d’en Haut
» est tellement en haut et tellement myope !
Quant aux femmes, déracinées de leur pays, loin souvent
de la famille qui les a mariées, elles ne peuvent guère
compter sur la protection d’un entourage familial et familier. De quoi
se plaindraient-elles : La France pourvoit à leurs besoins
matériels… et les imans, vraisemblablement, veillent à
l’éducation de leurs garçons…avec le résultat
qu’on a vu en ce qui concerne le jeune Redouane et son frère
que, seule, la Syrie a empêché de passer en Irak.
« Des Français comme les autres » écrit
le journaliste très pince sans rire ! Curieuse conception de ce
qu’est un Français ! Voilà qui promet : quels maris
feront ces jeunes garçons qui ont vu leur mère en burka
et leur sœur, enfermées comme deux objets sacrés pendant
qu’ils pouvaient, eux, s’ébattre sur l’aire de jeu pour se
dégourdir d’un long voyage. Sacrés, certes, mais objets !
Elle est belle, l’intégration dans la République :
on voit ce que donnerait la remise en question de la loi de 1905 sur la
laïcité préconisée par le nouveau patron de
l’U.M.P. !
On nous dit que « le gouvernement veut en finir avec le flou
statistique » de l’immigration (Figaro du 2 juillet 04) : comme
si il n’y était pour rien ! Jusque là il se contentait de
brandir la déclaration des Droits de l’Homme à qui
prétendait s’y intéresser, et la menace implicite de
procès, avec dédommagements onéreux à des
associations ad hoc. Le journal signale qu’à la fin de
l’année, le gouvernement doit présenter au Parlement un
rapport statistique de l’immigration : ainsi nos élus sont
toujours tenus dans l’ignorance comme l’ensemble des citoyens. «
Or, à quelques mois de l’échéance, les
ministères concernés sont bien en peine de fournir les
éléments attendus (…) Au printemps dernier, face
à ce flou statistique, le député U.M .P. de
Seine-Saint Denis Robert Pandraud avait recueilli plus de 140
signatures de députés autour d’une proposition de loi
visant à créer un centre d’étude de l’immigration.
Matignon lui aurait demandé de tempérer ses ardeurs pour
ne pas créer de nouvelles polémiques ». Curieuse
démocratie où, citoyens et députés n’ont
que le droit de se taire ! D’où vient la docilité des
députés, ne sont-ils plus nos représentants
dès lors qu’ils sont élus ?
Le même Figaro du 2 VII 2004 publie un article très
éclairant sur « la « dimension ethnique » de
la délinquance en chiffres » ; tout en rappelant que
« la tradition républicaine interdit de
différencier les personnes françaises nées de
parents étrangers », il signale qu’en « l’an 2000,
l’Insee a montré que 4O% des détenus français
avaient un père né à l’étranger ».
Deux chercheurs ont conduit un travail « rendu public par Le
Monde »sur la région relevant des tribunaux de
l’Isère : 66,5 % des jeunes jugés entre 1985 et 2000
avaient un père né à l’étranger, et 60%
avaient également une mère née hors de l’Hexagone.
Ces deux chercheurs ont complété leur étude
par une enquête sur terrain ordinaire, mais toujours en
Isère, d’où il ressort que « parmi les jeunes ayant
un père cadre ou de profession intermédiaire, 21 %
d’origine étrangère déclaraient avoir commis dix
délits ou plus, alors qu’à condition sociale similaire,
ces jeunes n’étaient que 12% d’origine française »
(ce qui d’ailleurs est déjà beaucoup). Ces
résultats n’ont rien d’étonnant puisqu’il a
été décidé en « haut lieu » que
la religion ne relève que du choix individuel, que
l’échec de l’intégration est dû à la
situation socio économique des familles et donc peut se
régler à coup de milliards extorqués aux
contribuables, et que le chômage tient à l’attitude
supposée raciste des employeurs (comme si une jeune fille
changeait de race en mettant le voile !) :ces trois a priori
permettent d’interdire toute étude sérieuse de la
question… et conduisent à se faire tancer par la Cour des
Comptes pour inefficacité très onéreuse. A juste
titre.
Dans de vraies démocraties, comme la Suisse, on n’interdit pas
au peuple de s’exprimer, sous prétexte de «droits de
l’Homme », ni on n’enjoint les élus « de calmer leur
ardeur ». Dans une vraie démocratie le peuple, et a
fortiori ses représentants, ont le droit à l’information
: comme on le voit on est, en France, aujourd’hui, très loin de
cette situation.