ENTREPRENDRE EN FRANCE



       La presse du 27 juillet 05 nous fournit le classement des entreprises mondiales. Les entreprises françaises du luxe s’y trouvent assez bien situées, les autres en dehors de Danone en  67ème position… En informatique on trouve Microsoft au 2ème rang. Imagine-t-on un Bill Gate (2ème ou 3ème fortune personnelle mondiale) en France ? Avec l’I.S.F.  (impôt sur la fortune), il aurait bien évidemment délocalisé ! Microsft n’aurait-il pas créé d’emplois, directs et indirects ?  Dans son entretien du 14 juillet 05, Jacques Chirac s’est dit « tout à fait opposé  à la suppression de l’I.S.F. » parce qu’il « trouve normal que la fortune fasse partie des éléments de solidarité » ; pour lui, semble-t-il comme pour Mme Aubry, il n’y a de solidarité que dans la redistribution des richesses, pas du tout dans leur création. C’est dire à quel point notre classe dirigeante est mal adaptée à une époque de progrès rapides !
       Le Président reconnaît pourtant à propos de l’I.S.F. (Figaro du 15 VII 05) : « Il y a incontestablement un problème qui doit être étudié, il y  a incontestablement des délocalisations de capitaux ou d’entreprises qui nous coûtent cher, et également des prises de contrôle  d’entreprises françaises par des capitaux étrangers (…) il faut examiner en détail ces problèmes » : ainsi nos décideurs n’ont toujours pas examiné les graves conséquences des décisions qu’ils ont prises il y a longtemps ! L’étude des résultats électoraux est beaucoup plus rapide : si l’on en croit le même journal « En 1986, Jacques Chirac, premier ministre à l’époque, avait supprimé l’impôt sur les grandes fortunes. Une mesure qu’il avait payée cher deux ans plus tard lors de l’élection présidentielle » ; au moins à ce qu’il a cru car d’autres raisons ont sûrement joué.

       Il semble bien que cette classe dirigeante ait peur des entrepreneurs d’envergure car le Président se déclare pour les petites entreprises ; elles « pourraient créer des emplois mais ne le font pas  parce que les contraintes, les dangers ainsi que les procédures, les charges ne  permettent pas de le faire ». Mais qui donc a créé ces obstacles même aux petites entreprises ? Ce 14 juillet était la journée des aveux : qui laisse croître le chômage sans lever aucun de ces obstacles créés par l’Etat lui-même ? Au dire du chef de l’Etat, la France se complait   « depuis 20 ans dans un système qui accepte le chômage ». La France ou bien la classe dirigeante qui, elle, n’a rien à craindre du chômage et pratique sans vergogne « le golden parachute » qu’elle voit avec satisfaction disparaître dans le privé ? C’est sans doute pourquoi, ainsi que l’affirme le Président, « nous n’avons pas su réagir » ; ce « nous » laisse perplexe : pluriel de majesté ou désigne-t-il l’ensemble des Français ?
       Et Jacques Chirac de se souvenir d’une vieille tradition française « celle de la recherche et de l’innovation de l’industrialisation de notre pays dans des domaines hautement sophistiqués » … pour payer l’I.S.F. ? S’agirait-il des fameux « pôles de compétitivité »… hors contrôle de l’Etat ?

       Quand on sait que le classement effectué par Interband-Business Week prend en compte « les revenus actuels liés à la marque et sa capacité à créer de nouveaux revenus » (Figaro Economie du 27 VII 05), on voit qu’il faudrait vraiment être à la fois génial et masochiste pour créer en France des entreprises prospères : à multiplier les conditions, il est normal qu’on ne crée rien !

       Le vrai problème de l’économie en France c’est que la richesse n’a droit d’exister qu’entre les mains de l’Etat, c'est-à-dire de sa classe dirigeante et, comme on sait, elle n’est ni géniale ni masochiste.


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