CARTE SCOLAIRE
« Un tiers des
parents contourne la carte scolaire » (Figaro 7 IX 06). C’est
bien ! Ils ont bien raison, n’en déplaise à M.Dubet (
auteur de « L’hypocrisie scolaire », dont
l’égalitarisme est choqué), s’ils ont conscience que
l’établissement que l’on destine à leur enfant ne lui
permettra pas de s’instruire correctement ou même d’y vivre en
toute sécurité. Car les exigences de
sécurité ont été revues à la baisse
d’une manière effrayante par la classe politique, comme aussi
celles de l’instruction.
Ce qui n’est pas bien c’est que ces possibilités de
contournement soient un privilège. Il faut donc élargir
ce privilège à tous, éviter d’en faire un acte de
« discrimination positive ». A quoi bon, dira-t-on, une
carte scolaire que tout le monde peut contourner ? On verra alors de
combien s’accroît le pourcentage de contournement, indication
intéressante pour le sociologue et même pour le ministre.
Peut-être d’ailleurs le chambardement sera-t-il bien moindre
qu’on peut le croire car l’impératif géographique est
suffisamment important pour que la désertion ne frappe que les
établissements vraiment infréquentables (ça existe
! il est scandaleux de contraindre les parents d’y inscrire leurs
enfants). On verra peut-être aussi quels établissements
sont désertés. Et c’est là que le bât
blesse. Car on veut bien, dans la sphère politicienne,
préconiser la « mixité sociale » à
condition que ce soit pour les enfants des autres ! C’est bien
là la véritable « hypocrisie scolaire ». En
somme on gère la société comme un cheptel. Ceux
qui la gèrent préservent volontiers, par la carte
scolaire, la discrimination positive dont bénéficient
leurs enfants.
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