BAISSER LES SALAIRES
DANS LES LYCEES ?
Une projet doublement absurde ! « 20 à 30 mille enseignants pourraient bientôt perdre 1000 à 1500 euros par an sur leur salaire » (Figaro du 5 I 07) : il s’agit de supprimer l’heure d’abattement de première chaire aux professeurs de classe d’examen. Le prétexte en est la suppression de la première partie du bac en première, sauf pour l’épreuve de Lettres.
En quoi cette
amputation
des salaires est-elle doublement absurde ?
1°) La coupure collège-lycée a considérablement aggravé la charge de travail pour le professeur de lycée. Avant la réforme Haby, il était possible d’établir aux professeurs des emplois du temps équilibrés entre les exigences des différents niveaux de classe : un cours de géographie, de français, de science n’exige pas le même temps de préparation pour le très jeune public entre la 6ème à la 3ème ou pour les jeunes gens de seconde, première et terminale ; les corrections demandent aussi un temps beaucoup plus considérable. Les professeurs des lycées se trouvent donc devant une charge de travail bien supérieure à ce qu’elle était avant la réforme Haby.
2°) Il est absurde de vouloir récupérer des heures de cours sur ceux qui en ont déjà fait le plein alors que tant de professeurs ont été recrutés sans que l’administration soit en mesure de leur fournir la moindre classe.
Cette mesure s’inscrit paraît-il « dans une logique d’économie », le gouvernement s’étant inspiré d’ « un rapport de la Cour des Comptes qui révélait que 28.000 professeurs n’enseignent pas devant des élèves » : est-ce pour autant que ceux qui enseignent doivent être pénalisés ? Cette logique d’économie est surtout une économie de la logique ! Ubuesque, elle montre surtout à quelles aberrations on aboutit lorsqu’une profession est réglementée par ceux qui ne la connaissent que de l’extérieur.