ARTS  PREMIERS




Ce 21 Juin 2006, M. Jacques Chirac inaugure un musée des « Arts premiers ». Comme son prédécesseur qui mit au goût du jour la Roche de Solutré, il semble fasciné par la préhistoire. Etonnante similitude entre les deux présidents, culturellement si différents, chargés de faire entrer la France dans le 21ème siècle. Inquiétante nostalgie ou intuition confuse d’avoir été placés par le suffrage électoral devant une tâche qui les dépassait ?

Nous savions par M. Bernard Billaud, son ancien secrétaire à la mairie de Paris, que l’histoire occidentale rayonnait d’une grandeur qui l’angoissait  (voir « D’un Chirac l’autre » éditions De Fallois p. 165): « Il n’y a pas de lieu au monde où l’on ressente plus qu’à Rome la pesée de l’histoire, au point d’en être écrasé. C’est comme si les pierres de ces colonnes en ruines me tombaient sur la tête. Je ne supporte pas d’être ainsi lapidé par ces réminiscences d’un passé qui étouffe la vie et bloque l’avenir » ; évidemment avec les arts premiers ces risques sont bien moindres !

Il aimerait, dit-on, qu’on donne son nom à ce musée. Imprudent symbole car le musée du Quai Branly est plus petit et moins riche que le Musée de l’Homme auquel il emprunte ses pièces et qui est, aujourd’hui, condamné à fermer.  

*
*   *


Héritier d’une civilisation qu’il refuse, le Président de la République et ses gouvernements successifs sont constamment pris à contre-pied par les évènements de la société de notre époque : dénationalisations ratées qui mettent nos grandes entreprises à la merci d’O.P.A.  lourdes de délocalisation et donc de chômage, projet de bibliothèque inter net qui témoigne d’une imitation tardive du modèle américain déjà très performant, projet de C.N.N. « à la française » dans notre pays où la carrière des politiques ne tient plus qu’à la faveur des médias. On peut être sceptique sur le salut que les « technopoles » apporteraient à la Recherche, domaine où la France perd son avance depuis les deux derniers Présidents, socialistes de gauche et de « droite » : peut-on présager mieux que le gaspillage financier habituels des jacobins qui nous gouvernent, surtout s’ils rêvent de société primitive ?

Dans son discours d’inauguration du musée des Arts premiers, curieusement applaudi par la presse « progressiste », M. Chirac déclare qu’il n’y a pas de différence de valeur entre les cultures. Dont acte. Moyennant quoi on ne comprend guère ces perpétuelles annulations de dettes du tiers monde, ni la mansuétude du gouvernement, aux frais du contribuable d’une culture égale, pour une immigration d’ailleurs interdite depuis 1973 ! Le Président de la République ignorerait-il qu’il aura à payer des engagements de retraite pour ceux qui ont œuvré, ces dernières décennies, pour la prospérité de notre pays – et la sienne !- et qu’il gaspille leur patrimoine et celui de leurs enfants ? Le risque est grand pour les Français de se trouver d’ici peu intégrés à ces cultures si chères à leur Président.    




  

___________________________




Suite ...

@Les humanités en ligne@

Valid HTML 4.01!