APPRENTISSAGE DE LA
LECTURE

La
circulaire 2006 003
du 3 I 2006 met clairement fin à l’utilisation de la
méthode globale pour l’apprentissage de la lecture, mais comme
on le sait, selon certains ( ?), cette méthode « est
abandonnée depuis longtemps » et les mêmes ( ? ) se
plaignent (Figaro du 5 I 06) que cette circulaire ait été
rédigée « sans aucune concertation avec les
enseignants » …ou les syndicats enseignants (?) … ce qui ne
revient pas au même car il y a dans ces syndicats des
déchargés de service qui n’enseignent pas depuis belle
lurette. Ces déclarations peuvent laisser prévoir des
difficultés d’application de la circulaire.
Rappelons que ce ne sont pas les syndicats qui,
juridiquement, sont responsables d’échec dû à la
non application de cette circulaire puisque les fonctionnaires sont,
personnellement, soumis à l’obligation de moyen. La circulaire
prévoit que les inspecteurs, les conseillers
pédagogiques, les formateurs des I.U.F.M. (Institut de formation
des Maîtres) sont « les premiers responsables de la mise en
application de ce texte ». Le texte prévoit aussi que
« les parents soient régulièrement tenus au courant
de la progression suivie » ; il s’agit bien des parents et non
des associations de parents dont certaines ont une sur
représentation d’éléments politisés, en
rapport avec des décharges de service accordées à
des syndicats fort politisés du public et surtout du para
public. Il y a là une inégalité choquante … qui
n’a jamais choqué le ministère de l’Education
Nationale !
De même que l’on a vu contester que l’école
pratique encore la méthode globale, on peut s’attendre à
voir jouer sur les mots de « méthode syllabique » et
de méthode alphabétique, bien que d’emblée la
circulaire énonce clairement : « Apprendre à lire
résulte de la découverte du principe alphabétique
de notre langue » ; or la méthode qui consiste à
reconnaître des syllabes avant de connaître les lettres
n’est qu’une variante de la méthode globale (c’est la semi
globale). C’est cette méthode qui a donné lieu à
de curieux exercices qui s’efforcent d’amener à trouver des
syllabes pour mettre en évidence des mots grossiers ; exemples :
remplacer la syllabe de « sot- duite » pour que le mot ait
un sens ; le nec plus ultra étant «
derrièrederrièrezizitacé » pour mettre en
évidence cul et bite ; cette hauteur de vue en dessous de la
ceinture ne respecte même pas le non parallélisme des deux
premières syllabes de cucurbitacée : la lettre « r
» de la deuxième est escamotée ; ce terme
appellerait d’ailleurs un commentaire sur les principes de la
classification en sciences naturelles chez Aristote, ce qui, on en
conviendra, ne s’impose pas au moment de l’apprentissage de la lecture
!
Les parents sont donc personnellement
armés pour
faire respecter la méthode de lecture qui a largement fait ses
preuves. L’enjeu, comme le dit le Ministre, est de taille
car ce n’est
pas seulement l’apprentissage de la lecture mais aussi la formation de
l’esprit : la méthode alphabétique est le premier
exercice de type analytique auquel l’enfant ait affaire, exercice
parfaitement à sa portée et par lequel il exerce le
« cerveau gauche ». On sait en effet aujourd’hui que les
deux hémisphères cérébraux de l’être
humain sont spécialisés : le droit est affectif et
émotif, le gauche est intellectuel et analytique. Selon les
civilisations les deux hémisphères sont
développés de manière différente ; le
succès scientifique et technique de notre civilisation est
dû au développement de l’hémisphère gauche.
Le développement de l’un ou l’autre des deux
hémisphères est amplement dû au système
éducatif, on voit donc l’importance d’utiliser un système
analytique pour l’apprentissage de la lecture : c’est effectivement le
premier exercice analytique systématique qu’on puisse proposer
à l’enfant. Il est parfaitement dans ses capacités qu’il
permet de développer, contrairement à la méthode
globale qui ne repose que sur la perception visuelle et la
mémoire. Ainsi cette méthode refuse-t-elle à
l’enfant les moyens d’une progression qui n’est pas seulement la
progression d’un savoir mais celle d’une formation. On ferait mieux de
conserver les exercices de mémoires pour l’apprentissage de la
poésie, beaucoup trop négligée aujourd’hui, et qui
répond au développement du goût et de
l’affectivité. On ne peut abandonner ce domaine affectif
si important aux films d’horreur que l’enfant peut voir à la
télévision.
La
circulaire précise qu’il faut « un
entraînement systématique à l’oral et à
l’écrit … la conquête du code doit associer lecture et
écriture ». Se contenter de la lecture, en effet, c’est
associer la mémoire visuelle et auditive ; l’écriture
associe en outre la mémoire motrice : ainsi s’établit un
mécanisme chez le jeune enfant qui fera parti des
mécanismes fondamentaux de son existence et qu’il ne perdra
plus, pas plus qu’il ne perd l’apprentissage de la marche.
L’écriture devient « naturelle » à sa main.
Nous avons des problèmes avec les jeunes d’origine subsaharienne
qui apprennent à écrire si tard que le mécanisme
leur fait défaut et qu’ils ne peuvent suivre le rythme de leurs
camarades.
On peut d’ailleurs s’étonner qu’on se soit
donné tant de mal à imposer la méthode globale de
lecture au niveau de l’apprentissage, alors qu’on sait qu’elle s’impose
d’elle-même quand on sait lire couramment : les yeux de celui qui
sait lire ne déchiffrent plus lettre à lettre ou syllabe
par syllabe, ils reconnaissent d’emblée la forme des mots
familiers comme nous pouvons tous le vérifier à
l’occasion d’erreur de lecture ; celle-ci s’effectue
généralement à l’occasion de deux formes
graphiques voisines. Lorsqu’un enfant qui commence à savoir lire
déchiffre lettre à lettre, vous pouvez être
assurés qu’il s’agit d’un mot qu’il ne connaît pas : bonne
occasion pour le lui apprendre ! En somme la méthode globale
d’apprentissage de la lecture consiste à prendre le point
d’arrivée comme point de
départ.
C’est donc à bon droit que la
circulaire
précise que « l’égalité des chances est
d’abord l’égalité des toutes premières chances
».
Il
reviendra aux parents de la faire respecter, le cas
échéant.
Ils en ont
aujourd’hui incontestablement les
moyens car les instituteurs savent qu’ils sont responsables
juridiquement en cas de non application des directives
ministérielles.
Et ce ne sont pas les syndicats qui se
proposeront pour endosser une responsabilité onéreuse
à la place de leurs mandants !
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