LA  RETRAITE  DES  REVOLUTIONNAIRES


« Un livre surprenant » de Philippe Meirieu, écrit Le Figaro Magazine du 4 XII 2004, « emprunt de bon sens », et de conclure : « faudra-t-il demain classer Meirieu parmi les « nouveaux réactionnaires » ? »

     Evolution surprenante ? Pas tellement : nous en avons vu d’autres, beaucoup d’autres, qui, carrière accomplie, ont cru élégant ou opportun de critiquer l’air du temps qui les avaient portés, haut et loin : depuis la fin de la seconde guerre mondiale ça s’est beaucoup fait. Et ça n’a rien changé fondamentalement : la relève était assurée. On peut même voir, sociologiquement, dans la pseudo révolution de 68 une opération « Relève » : la génération d’intellectuels (marxistes, faut-il le préciser ?) qui arrivait à l’âge de la retraite a été remplacée dans les hauts postes, plus ou moins anonymes, de certains ministères, des universités et de la presse par une génération gauchiste, c'est-à-dire de même idéologie, qui poursuit le travail de leurs aînés. M. Meirieu a pris la relève de Bourdieu et sa relève à lui est sans doute assurée si on s’en rapporte à « L’hypocrisie scolaire », livre dans lequel M. Dubet décrit des projets pour l’école qui ressemblent beaucoup au contenu du rapport Thélot.

     A l’origine des I.U.F.M., M. Meirieu ? Affirmation trop rapide : le projet figure au chapitre 3 du plan Langevin-Wallon. Cet air de « nouveau réactionnaire » ne change rien aux faits : les réformes imposées à l’enseignement depuis Haby- Giscard ont été une catastrophe pour les élèves, les professeurs et notre pays. Les familles ont été très patientes, beaucoup trop patientes.


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