LA REFORME DE L ’ ETAT
C’est mal parti ! Qu’on en
juge : 230 mesures proposées devraient représenter entre
1, 3 et 1,5 milliard d’économies … SUR TROIS ANS. Et il faut les
rapporter aux 95 milliards d’euros dépensés annuellement
en salaire et fonctionnement, explique le Figaro Economie du 10
IX 04 : « De la centralisation des achats à Bercy (ce
n’était pas fait ?) en passant par l’externalisation du parc
automobile, 230 réformes proposées par les
ministères seront passées au crible » le 14
septembre par un jury présidé par Francis Mer (…) et
composé de personnalités indépendantes » ;
espérons que ce grand chichi politico médiatique à
la française ne bouffera pas les économies de la
première année.
Soyons sérieux ! A
l’Education Nationale la masse salariale, nous dit-on représente
95% du budget : faut-il vraiment convoquer un jury de
personnalités pour arrêter le recrutement dans des
disciplines où il y a déjà des professeurs en
surnombre ? Il est vrai qu’il n’est pas sûr que ce
ministère soit capable de dire combien il y en a, vu qu’on
appelle ces professeurs des « remplaçants » ou qu’on
les fourre dans des services administratifs où ils ne sont pas
employés en fonction des compétences qui les ont fait
recruter. Voilà un exemple frappant de ce sous emploi sur lequel
Maurice Allais attire l’attention dans son livre « La
mondialisation la destruction des emplois et de la croissance »
(Clément Juglar) ; comme la France n’a plus que faire des
latinistes et des hellénistes, elle les cache, comme
auxiliaires, dans des centres de documentation ; de même pour les
professeurs de langues européennes non américaines
Le grand cérémonial ainsi
prévu sous le nom de jury, devant lequel doivent plancher huit
ministres (n’ont-ils rien d’autre à faire ?) n’est
évidemment qu’un « show » politique de plus qui
cache la peur que notre personnel politique éprouve à
l’idée d’une réforme sérieuse. Et pourtant titre
le Figaro Economie « Sans réforme, l’Etat risque le krach
». Rappelons que le secteur public n’a pas de caisse de retraites
et que celles-ci ne seront pas payées par de simples jeux
d’écriture ! Bernard Spitz, Maître de requête au
Conseil d’Etat, constate : « la France est un pays dans lequel on
trouve beaucoup de souffrance sociale, d’accroissement des
inégalités et qui vit pourtant au dessus de ses
moyens…Nous sommes en train d’inventer une société
hallucinante où les grands-parents vivent à crédit
aux crochets de leurs petits enfants moins nombreux » …ce qui
n’empêche pas l’Etat de continuer ce racket qu’on appelle «
droits de succession » : vous ne pourrez même pas aider les
jeunes de votre famille avec les économies que vous avez pu
faire durant votre vie et qui ont déjà été
fortement imposées. Où vont donc tous nos impôts ?
Autrefois les familles imposaient un « conseil » aux jeunes
écervelés qui dilapidaient le patrimoine laborieusement
acquis par leurs ancêtres, aujourd’hui qui dilapide le patrimoine
des familles et de la France à grands coups de
législation écervelée ? M. B. Accoyer,
président du groupe U.M.P. à l’Assemblée,
annonçait, en fin de cession parlementaire en juillet dernier,
sur une radio d’économie, la création d’un groupe de
travail de son parti sur les délocalisations ; est-ce à
dire que les partis politiques français ont donné leur
accord aux traités de Maastricht et de Schengen sans penser du
tout à ce problème ? Etonnante gestion
!
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