
Source:
Une réforme pour
l'avenir des retraites -
Pierre
Chaunu cite J. C. Guillebaud, journaliste et essayiste :
« On est étonné par la quasi
immédiateté avec laquelle les changements d'alors se
concrétisent sur le plan législatif. La plupart des
réformes (contraception, avortement, mariage, divorce, etc.) qui
bouleversent la donnée sociale et familiale sont introduites
à ce moment là, en l'espace de quelques années
» (ibidem p. 211).
Le résultat est là aujourd'hui,
avec le problème des retraites ! Et bien sûr rien n'est
inéluctable pour 2040 : renoncer à cette politique
malthusienne aurait des effets dans moins de vingt ans.
Pour qui sait lire, le passage d'un actif à un
retraité en 2040 est donc très révélateur
des projets gouvernementaux en matière de démographie
française, voire européenne. On sait (voir le Figaro du
16 IX 03, par exemple) que le NON des Suédois à l'euro
est largement dû aux femmes qui ont eu peur, à juste
titre, de perdre les avantages que la Suède a enfin
décidés en faveur des femmes pour qu'elles puissent
élever leurs enfants dans de bonnes conditions même si
elles travaillent. Une enquête de ce même journal sur
« les femmes des Quinze », pouvait, presque un an avant (8
octobre 2002) le laisser pressentir : « Si je compare à la
France où j'ai vécu quelques années, c'est
beaucoup plus facile d'avoir des enfants en Suède »
explique une femme de 43 ans, maître de conférence
à Stockholm et mère de trois enfants. Ce NON nous rassure
sur le sort de l'Europe : la nature humaine n'y a pas changé
malgré l'énorme propagande qui s'est appesantie ces
dernières années contre la natalité et les
facilités données à l'avortement,
prétendument remboursé pour résoudre le cas
dramatique des jeunes filles violées (propagande
médiatique pour la loi Veil). Deux cent mille viols par an en
France ? Brrr...mais que fait le Ministère de l'Intérieur
?
En 1990 il y avait déjà plus de 176000 avortements en
France (cf. Pierre Chaunu ibidem p. 416), la propagande
hédoniste qui tient lieu de morale sexuelle aujourd'hui ne
pouvait en faire baisser le nombre ; qu'on le veuille ou non, la
publicité du «droit à l'avortement » fait
passer l'avortement parmi les moyens «normaux » de
contraception.
Si on prévoit un actif pour un retraité en 2040, c'est
qu'on ne veut pas qu'il y ait plus d'actifs c'est-à-dire qu'on
fera tout pour qu'il n'y en ait pas plus. Qui dirige cette politique
malthusienne établie, semble-t-il, depuis les années 70 -
si on s'en réfère au graphique ? Et qui prétend
continuer de nous l'imposer ?
Considérant ainsi l'avenir démographique comme allant de
soi, le texte du document gouvernemental que nous analysons envisage
deux raisons majeures à la difficulté que va
connaître dès 2006 le régime par répartition
: « l'arrivée à l'âge de la retraite
des nombreuses générations d'après-guerre et
l'allongement continu de près d'un mois et demi chaque
année de l'espérance de vie » ; sur ce
deuxième point les gouvernements semblent pouvoir s'arroger un
satisfecit, mais compte tenu de l'évolution malheureuse de nos
hôpitaux trahie par les lamentables conséquences de la
canicule, la quasi liquidation de la recherche en pharmacie qui sera
tuée par le développement des génériques
(cf. éditorial du Figaro
24 X 01 et Figaro économie 23 IX
02 et 6 XI 02 par exemple), le numerus clausus imbécile
imposé depuis trop longtemps aux facultés de
médecine (dénoncé entre autre par J.P.
Chevènement cf. Figaro entreprise 6 X 03), les
prédictions d'allongement de la vie à ce rythme sont
douteuses.
« En 2008 le point sera fait. En fonction de la situation
économique, financière et démographique, la
durée de cotisation devrait augmenter progressivement, d'un
trimestre par an à partir de 2009 pour atteindre 41 ans en 2012
». Cette prévision paraît vraisemblable, celle pour
2040 relève de la seule volonté malthusienne de notre
gouvernement qu'elle révèle d'ailleurs ; d'autres
prévisions relèvent du futur incertain, telle
l'affirmation : « le pouvoir d'achat des retraités sera
garanti grâce à des valorisations chaque année en
fonction de l'évolution des prix dans le secteur privé
comme dans la fonction publique ». Est-ce vraisemblable dans un
pays qui s'appauvrit «exportant ses cerveaux et important des
estomacs », suivant la frappante expression de Jean Ferré
sur Radio Courtoisie. Les hommes politiques utilisent le futur avec une
grande désinvolture : la grammaire avec eux participe trop
souvent de la désinformation ; tel est le cas pour les
différentes améliorations annoncées au titre de la
« justice sociale » et de l'offre de « plus de
liberté » dont on ne voit pas sur quelle
amélioration elles reposent, tant en matière
économique qu'en matière de politique immédiate
d'aide à la famille et donc de restauration de conditions
démographiques favorables.
La remontée démographique effectuée par la
Suède, grâce à une modification radicale de la
politique familiale très appréciée des
Suédoises, montre que le document que nous analysons a
occulté une « raison majeure » de ce qu'il appelle
les « évolutions inéluctables » : une
politique anti-familiale n'est pas inéluctable. Merci aux
Suédoises.