IDENTITES
« L’identité nationale se
présente
objectivement sous forme
d’institutions propres à la France, et peut se présenter
en même temps sous
forme de justifications intellectuelles : ce sont les
différentes
idéologies nationales et même nationalistes.
Mais quand nous
disons « France », il ne s’agit pas seulement
d’un pays mais de
manières de vivre, de sentir, de voir, de réagir et d’agir, qui, cimentées par la longue
durée, ont acquis une existence propre, une qualité
distinctive. Ce type d’état
psychologique vécu lie entre eux les hommes d’une cité ou
d’une nation
historique. Elle les lie en fonction même de l’histoire avec ses
mythes
historiques, ses grandeurs et ses malheurs qui ne sont qu’à eux.
Il s’agit d’ un alliage fort de sentiments
résistant au
temps ; plus durables que l’individu, ils sont transmis par la
culture
dont ils sont partie intégrante. Ils se colorent
différemment avec les
générations, mais ils ne sont pas à
l’échelle des individus. Ils peuvent ou non
donner lieu à une idéologie. On n’a pas besoin
d’être nationaliste pour être
national. Il s’agit là de ce que le plus grand sociologue
d'Europe , l'Italien
Vilfredo Pareto, nomme une persistance
des agrégats. On dirait que les
sentiments dont est fait cet alliage « pénètrent
en nous
avec l’air que nous
respirons et le lait maternel » Jules
Monnerot : « Désintox,
au secours de la France
décérébrée »
(édition Albatros Paris 1987) Extrait
du chapitre
« La culpabilisation du sentiment national » Ainsi une identité nationale
ne se décrète pas. Aussi on
peut s’interroger sur une émission
télévisée (mars 2007) dans laquelle six
personnes sont invitées à discuter de l’identité
nationale à l’occasion de
l’élection présidentielle : les deux seules femmes,
(supposées représenter
les françaises ?), sont étrangères et le
proclament par la manière même
dont elles sont vêtues. Accepteront-elles que leurs filles
choisissent
librement leur mari ? Que celui-ci ne se convertisse pas à
l’Islam, comme
l’exige leur loi religieuse ? Obligeront-elles leurs filles
à se vêtir
comme en Arabie au 7ème siècle ? Les
modes féminines, chez
nous, ni les esprits n’ont cette immobilité. La réponses
à ces questions,
jamais posées, est plus importante pour l’avenir de notre nation
que les exhibitions
nationalistes soudaines et tardives des candidats
surmédiatisés : de tels
« nouveaux français » viennent-ils
partager avec nous autre chose que
nos biens matériels ? Comme
le constatait
l’économiste Alain Cotta, le 27 mars
2007, sur « Radio Courtoisie »,
l’immigration à laquelle nous assistons aujourd’hui
est
une immigration
de peuplement sur laquelle les Français n’ont jamais
été consultés, pas plus
qu’ils ne l’ont été sur l’ouverture, par
« Bruxelles », société très
anonyme, des élastiques frontières européennes au
mondialisme, à ses
délocalisations, à l’invasion de produits
étrangers qui renfloue l’économie de
nos concurrents et détruisent nos emplois : les accords de
Schengen n’ont
fait l’objet d’aucun referendum. On peut craindre que « le
ministère de
l’immigration », proposé par l’un des candidats, soit
interprété par lui
comme un acquiescement à une politique dont la nation est
aujourd’hui victime
dans ses emplois et son mode de vie, la seule victime d’ailleurs qui ne
fait
l’objet d’aucune repentance de la part de ceux qui ont
décidé cette politique à
notre insu, sans jamais avoir informé, ni consulté la
Nation. Depuis 30 ans les
statistiques du chômage, bonnes filles, baissent toujours au
moment des
élections, mais nous en sommes à la deuxième
génération de Français qui ne
trouvent pas d’emploi en France et qui n’y trouvent pas non plus
l’éducation de
haut niveau que pouvaient recevoir leurs aînés, même
quand ils n’appartenaient
pas aux classes privilégiées, même quand ils
étaient immigrés, mais ce n’était
pas une immigration de peuplement. Craint-on que la Nation
conserve sa
culture et, avec elle, son identité ? Il y a des
conjonctions qui obligent
à réfléchir !