IDENTITES

 
Les sondages préélectoraux révèlent …le grand mutisme des sondés ; la création chiraquienne d’une juridiction d’exception pour délit d’opinion n’y est pas étrangère : les citoyens prospectés se demandent s’ils ont affaire à un sondeur ou à un membre du M.R.A.P. en quête d’une dénonciation prometteuse. Mais les candidats ont compris ce message muet et, eux qui ne risquent rien, brusquement, tardivement, se sont mis à chanter le chant identitaire et c’est à qui s’enroulerait spectaculairement dans notre drapeau tricolore. Mais savent-ils ce qu’est une identité nationale,  eux qui ont fait campagne pour brader la souveraineté nationale à la société anonyme de « Bruxelles » dont ils se contentent de transformer les directives en lois, et qui ont amené le ministère de l’Education Nationale à devenir le ministère de l’Ignorance Nationale ? Que signifie l’identité de la France ? Osons le leur rappeler :

       « L’identité nationale se présente objectivement sous forme d’institutions propres à la France, et peut se présenter en même temps sous forme de justifications intellectuelles : ce sont les différentes idéologies nationales et même nationalistes.

       Mais quand nous disons « France », il ne s’agit pas seulement d’un pays mais de manières de vivre, de sentir, de voir, de réagir  et d’agir, qui, cimentées par la longue durée, ont acquis une existence propre, une qualité distinctive. Ce type d’état psychologique vécu lie entre eux les hommes d’une cité ou d’une nation historique. Elle les lie en fonction même de l’histoire avec ses mythes historiques, ses grandeurs et ses malheurs qui ne sont qu’à eux. Il s’agit d’ un alliage fort de sentiments résistant au temps ; plus durables que l’individu, ils sont transmis par la culture dont ils sont partie intégrante. Ils se colorent différemment avec les générations, mais ils ne sont pas à l’échelle des individus. Ils peuvent ou non donner lieu à une idéologie. On n’a pas besoin d’être nationaliste pour être national. Il s’agit là de ce que le plus grand sociologue d'Europe , l'Italien Vilfredo Pareto, nomme une persistance des agrégats. On dirait que les sentiments dont est fait cet alliage « pénètrent en nous avec l’air que nous respirons et le lait maternel »

Jules Monnerot : « Désintox,  au secours de la France décérébrée » (édition Albatros Paris 1987)

  Extrait du chapitre « La culpabilisation du sentiment national »    

 

Ainsi une identité nationale ne se décrète pas. Aussi on peut s’interroger sur une émission télévisée (mars 2007) dans laquelle six personnes sont invitées à discuter de l’identité nationale à l’occasion de l’élection présidentielle : les deux seules femmes, (supposées représenter les françaises ?), sont étrangères et le proclament par la manière même dont elles sont vêtues. Accepteront-elles que leurs filles choisissent librement leur mari ? Que celui-ci ne se convertisse pas à l’Islam, comme l’exige leur loi religieuse ? Obligeront-elles leurs filles à se vêtir comme en Arabie au 7ème siècle ? Les modes féminines, chez nous, ni les esprits n’ont cette immobilité. La réponses à ces questions, jamais posées, est plus importante pour l’avenir de notre nation que les exhibitions nationalistes soudaines et tardives des candidats surmédiatisés : de tels « nouveaux français » viennent-ils partager avec nous autre chose que nos biens matériels ?

Comme le constatait l’économiste Alain Cotta, le 27 mars 2007, sur « Radio Courtoisie »,  l’immigration à laquelle nous assistons aujourd’hui est une immigration de peuplement sur laquelle les Français n’ont jamais été consultés, pas plus qu’ils ne l’ont été sur l’ouverture, par « Bruxelles », société très anonyme, des élastiques frontières européennes au mondialisme, à ses délocalisations, à l’invasion de produits étrangers qui renfloue l’économie de nos concurrents et détruisent nos emplois : les accords de Schengen n’ont fait l’objet d’aucun referendum. On peut craindre que « le ministère de l’immigration », proposé par l’un des candidats, soit interprété par lui comme un acquiescement à une politique dont la nation est aujourd’hui victime dans ses emplois et son mode de vie, la seule victime d’ailleurs qui ne fait l’objet d’aucune repentance de la part de ceux qui ont décidé cette politique à notre insu, sans jamais avoir informé, ni consulté la Nation. Depuis 30 ans les statistiques du chômage, bonnes filles, baissent toujours au moment des élections, mais nous en sommes à la deuxième génération de Français qui ne trouvent pas d’emploi en France et qui n’y trouvent pas non plus l’éducation de haut niveau que pouvaient recevoir leurs aînés, même quand ils n’appartenaient pas aux classes privilégiées, même quand ils étaient immigrés, mais ce n’était pas une immigration de peuplement. Craint-on que la Nation conserve sa culture et, avec elle, son identité ? Il y a des conjonctions qui obligent à réfléchir !  



      

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