M. FILLON RATE SON
BAC
Les lycéens - et collégiens !- ont refusé la copie
du Ministre et le Ministre l’a retirée. Il a bien fait
puisqu’elle était mauvaise. Il est quand même
inquiétant que le Ministère de l’Education Nationale soit
piloté par les écoliers.
« Le même bac pour
tous » ont scandé les lycéens ; voilà que le
bon sens vient des adolescents ; cela mérite qu’on s’interroge
sur la discrimination dite « positive », car la
réclamation est réaliste : les jeunes gens savent qu’un
jour on pourra leur opposer l’origine locale de leur diplôme ; un
élève du lycée Turgot (Figaro 11 II 05)
s’inquiète : « Avec le contrôle continu il va y
avoir des disparités entre les lycées comme il y a
aujourd’hui les bonnes facs et les facs pourries » (des noms !).
Les jeunes ont compris qu’il est facile de piper les dés le plus
légalement du monde c'est-à-dire grâce à la
loi. Voilà en un sens une bonne leçon d’éducation
civique !
Mais aussi une mauvaise
leçon d’éducation civique. « La droite, nous
dit-on, n’a pas oublié les manifestations anti-Devaquet ».
La gauche non plus : elle les transmet volontiers à la
mémoire des jeunes puisque dans les copies de philosophie sur le
droit on peut lire : « le peuple descend dans la rue et le
gouvernement retire sa loi ». Comme ces manifestations ont eu
lieu en 1986, il est peu vraisemblable que ceux qui écrivent
cela s’en souviennent. Ceux qui leur rappellent cette reculade
historique procèdent à une éducation civique
claire : les manifestations de rue sont des équivalents
d’élection auxquels il est normal que le pouvoir se soumette.
Voilà comment l’école maintient l’idée de la
pratique révolutionnaire comme instrument du droit.
Constatons que ce devoir de
mémoire est assez sélectif : il ne mentionne pas le
retrait de la loi Savary. On voit donc bien qui entretient la
mémoire.
Pourtant, dira-t-on, M. Meirieu,
ancien conseiller de Jack Lang et qui ne passe pas pour un homme de
droite, est partisan de ce contrôle continu si contesté.
On saisit là, sur le vif, l’ambiguïté des situations
politiques dans laquelle la droite s’est fourrée depuis que la
loi Haby a fourni le cadre juridique nécessaire à la mise
en place du plan communiste Langevin-Wallon ; d’autres mesures s’y sont
inscrites comme par exemple « les travaux personnels
encadrés » qui correspondent à l’enseignement par
méthodes dites « actives » réclamées
par les auteurs du vieux projet communiste au détriment des
heures de cour prétendus magistraux. Comme par hasard les
slogans des lycéens écrits à l’instigation de
leurs « syndicats » franchement gauchistes, F.I.D.E.L. et
I.N.L. , réclament le retour à ces méthodes alors
que les professeurs dans leur ensemble les considèrent comme une
perte de temps gravement préjudiciable dans un enseignement de
masse. Ainsi la « droite de gouvernement » (par la rue ?)
fait passer les réformes voulues par les marxistes et dès
qu’elle se heurte à une opposition justifiée recule sur
ces réformes et c’est encore la gauche qui tire les marrons du
feu !
On peut et doit se
réjouir du recul de M. Fillon car le contrôle
continu dans l’enseignement secondaire eût été une
immense sottise. On ne peut se réjouir de la politique des
gouvernements de droite en matière d’enseignement. Ils ont
gravement contribué au discrédit de la droite et, ce qui
est plus grave, au déclin de la France.