ELECTIONS  EUROPEENNES

       Les vieux peuples européens n’apprécient pas la politique de l’engrenage de M. Delors et de la Commission de Bruxelles : le taux d’abstention aux élections européennes a été considérable : pas loin de 60% et près de 80% dans les pays enfin libérés de l’U.R.S.S.
       A trois mois d’intervalle les Français ont été appelés à voter dans un cadre régional, et ce n’était pas le même d’une élection à l’autre ! Après deux siècles de jacobinisme pendant lesquels la République a pratiqué la fonctionnarisation comme instrument d’unification de la France, la régionalisation n’a plus grand sens …si ce n’est pour les spécialistes de l’électoralisme qui procèdent à ces découpages pour infléchir les résultats.
       « Le doux despotisme éclairé » de M. Delors (voir ci-dessus le compte-rendu de ses « Mémoires ») a valu  aux chefs d’Etat d’être pratiquement tous désavoués par leur peuple et d’en obtenir un vote de défiance. L’ont-ils compris ? Peu probable puisqu’ils s’empressent de parapher une constitution qui n’a fait l’objet d’aucun débat pendant la campagne électorale. La démocratie européenne sera-t-elle calquée sur celle de l’Iraq ?

       L’hebdomadaire « Valeurs actuelles » du 18 juin  constate qu’entre les deux dernières élections, à trois mois d’intervalle, l’U.M.P. parti du Président Chirac a perdu un million d’électeurs ; il est vraisemblable qu’il a payé une ambiguïté de langage, le Président du Parti, M. Jupé affirmant l’opposition de celui-ci à l’entrée de la Turquie dans l’Europe tandis que les discours du Président Chirac ont toujours été dans le sens contraire : une telle ambiguïté touche tellement à la duplicité qu’il y a de quoi inquiéter les électeurs. La montée du l’U.D.F. , cette alliée de la majorité actuelle que l’U.M.P. a essayé de croquer, s’explique par sa claire opposition à cette entrée de la Turquie dans l’Europe.


 


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