EDF  COMME  EADS ?



      Vivent les bloqueurs de l’université : ils ont gagné 5 milliards d’euros ! Quant aux étudiants qui ont prétendu faire valoir leur droit à assister aux cours et qui ont été présentés par la presse comme des partisans du gouvernement, ils ont bonne mine … Cette vente de 3% d’EDF améliorera-t-elle la formation universitaire ?  Peut-être si elle va aux facultés de sciences rigoureuses … mais si elle va aux sciences humaines, psychologie et anthropologie qui font déjà le plein malgré leur absence de débouchés… Quant aux sociologues maisons qui depuis trente ans nous expliquent le malaise des banlieues, en savent-ils plus que les inspecteurs de police, qui, comme eux ne peuvent rien dire, depuis trente ans qu’on repeint les boites à lettres des « cités de non droit » et que l’on y reconstruit les écoles maternelles incendiées. Pour les voitures qui subissent le même sort, ce sont nos assurances paient d’où leur coût.

 

      EDF sur le plan technologique est un de nos fleurons, au point que les grands cerveaux de « Bruxelles » l’obligent à vendre son électricité à un prix préférentiel à ses concurrents européens afin que notre électricien national ne puisse profiter de la position dominante due à nos investissements dans le nucléaire ; le contribuable français appréciera. De même Péchiney, une de nos entreprises historiques, s’est vue interdire pour la même raison une association en Europe où, de ce fait, elle n’a pas de position du tout : elle a été absorbée par une entreprise canadienne : c’est le chômeur de chez nous qui a apprécié. « Le libéral dirigisme », inventé par Bruxelles et qui est d’origine française comme en témoignent les Mémoires de J. Delors,  empêche nos entreprises d’avoir une politique propre qui leur permette de résister à la mondialisation et même d’en profiter : c’est bien ce qu’enseigne l’O.P.A. de Mittal sur Arcelor.

 

      Mme Thatcher, comme on sait, a fait des émules mais en France on a surtout retenu que les privatisations procurent de l’argent frais à notre Etat en déficit permanent. Certains de ces biens, payés par nos impôts, ont, il est vrai donné lieu à un actionnariat ouvert au public qui en était la source : France Télécom dont l’action a chuté des années durant et le tunnel sous la Manche qui va de plan de sauvetage en plan de sauvetage… Seule la privatisation des tabacs a profité aux actionnaires mais jusques à quand puisque c’est depuis la privatisation du monopole public qu’on découvre la nocivité du produit : rappelons qu’en 1968 on a ouvert aux lycéens le droit de fumer dans les établissements scolaires, les ravages actuels sur la santé ne sont sûrement pas étrangers aux concessions faites dans cette période de permissivité... et du monopole d’Etat. L’autoroute privatisée, affaire très juteuse, a, par contre, échappé a l’investisseur qui l’a construite : le contribuable ; l’Etat qui se permet de demander de l’argent aux nationaux ne peut le faire qu’en vue d’améliorer leur existence et celle de leurs enfants et non d’améliorer l’ordinaire des Bien- Heureux du CAC40. Air Bus, le fleuron de Toulouse qui y générait des emplois, n’est plus français qu’à 40%. Galileo, initiative visionnaire du général de Gaulle, qui nous créait une place quasi unique dans le spatial, connaît aujourd’hui une panne européenne sur investissement des contribuables français. Alors EDF, comme EADS avec ses déboires bicéphales et son rocambolesque feuilleton judiciaire ? Le contribuable, actionnaire obligé, mérite mieux.

 

       Sans compter que le vrai blocage de l’Université réside, c’est bien connu, dans une conception statistico idéologique ou idéologico statistique du baccalauréat qui ouvre un droit aux Facultés, obligées d’accueillir les moins favorisés de ces 80% d’une classe d’âge auxquels le Recteur doit fournir, coûte que coûte, une place dans le Supérieur. Et la remise sur pied de l’Education Nationale dans tout ça ? Elle n’est pas pour demain, l’actuel titulaire du Ministère ayant commencé par annuler la décision urgente, prise au bout de trente ans, de supprimer l’apprentissage si globale de la lecture que bien de nos malheureux bacheliers ne parviennent toujours pas à découvrir les lettres dans les mots : les 5 milliards d’euros d’EDF pour cette « recherche » ?  


 

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