Du neuf?


Voici à quoi aboutissent des décennies d'enseignement de l'économie par l'Education Nationale.

        « Enfin du neuf à gauche !» proclament, optimistes, les affiches de la liste communiste présentée par Marie-George Buffet aux élections régionales en France. Qu'est-ce à dire ? Les communistes, pour sauver l'emploi et les entreprises, vont-ils réclamer la suppression de l'impôt sur les fortunes (I.S.F.) qui fait fuir les capitaux à l'étranger ? Auraient-ils tiré enfin les leçons de l'échec économique de feue l'U.R.S.S. ?  Suivraient-ils tardivement  l'exemple, tardif, de la Chine plus ou moins communiste ? Sortirions nous de cette exception culturelle qui conduit quelques milliers d'apparatchiks dits intellectuels, à revendiquer, par pétition contre un économiste libéral, le maintien de leur monopole, enfin avoué, de l'intelligence médiatisée et rémunérée par l'Etat ? Ce serait vraiment du neuf en effet !     

       La Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière qui se sont associées pour ces mêmes élections font, elles, clairement dans le slogan du siècle passé :
« Le patronat licencie massivement, le gouvernement écrase nos droits, luttons ensemble ». Contre le patronat, ils ont gagné si bien que le chômage s'est accru...
Les coéquipiers révolutionnaires n'ont pas compris que les « droits » ne sont acquis que par la prospérité d'une nation ; ils n'ont pas vu que l'extension des droits des salariés sous le gouvernement Jospin a abouti à renchérir le coût du travail en France (avec deux diminutions du temps de travail hebdomadaire depuis 1981) et, a obligé les grandes entreprises aux délocalisations : ils n'ont pas encore intégré dans leur pensée les dispositions du traité de Maastricht, dû pourtant à la gauche, et continuent de raisonner comme s'ils pouvaient redistribuer les biens à l'intérieur de nos frontières.

       Sur la radio d'économie B.F.M. le jeudi 11 mars, dans l'émission matinale, un ministre de M. Raffarin exprime son espoir de voir la création d'emplois dans la restauration grâce à un allégement des charges sociales (depuis le temps qu'on use de ce procédé pour créer des emplois on n'en a pas encore tiré la conclusion !)
Et d'expliquer : « c'est très difficile, ce n'est pas comme si c'était des emplois publics ». Que voulait-il dire ?  Que dans le public on recrute sans souci du coût parce que c'est le contribuable qui paie ? Pas étonnant que la France ait une dette colossale ! 
         
       Sortirons nous enfin de ce vieux film aux  monologues ressassés ? Le rajeunissement du personnel sur les listes électorales ne sert pas à grand-chose s'il est recruté sur sa capacité à ânonner de vieux refrains.

       


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