DISCRIMINATION  « POSITIVE »


Une arme contre les classes moyennes

       Non définies, les notions de « milieu défavorisé », d’ « oublié de la République » et autre « victime de la fracture sociale » se retournent automatiquement contre la classe moyenne. Sur quelle base précise discriminera-t-on « positivement » parmi les enfants scolarisés en Seine Saint Denis par exemple ? Croit-on qu’il n’est pas défavorisé notre jeune concitoyen dont les parents ne sont pas assez riches pour habiter ailleurs que dans les Cités reconnues de non droit ? Croit-on qu’il n’est pas défavorisé d’être scolarisé dans une classe où les enfants de familles francophones sont minoritaires, ce qui fait perdre aux enseignants un temps considérable. Que de fois  est on obligé de ralentir le cour parce qu’un grand gaillard, si rapide sur le terrain de basket, a le poignet crispé dès qu’il lui faut écrire quelques minutes. Faut-il s’étonner, dans ces conditions que l’école ne permette plus l’ascension sociale.

       On pourra, bien sûr, admettre quelques « défavorisés » dans les établissements où nos élites ont le privilège de mettre leurs enfants ; cela ne réparera pas les désordres de l’Education Nationale qui sont grandement à l’origine de la « fracture sociale » sous la Ve République. Sur quel critère, non dit, fera-t-on cette discrimination ? Le système des bourses de la IIIe République n’avait pas cette hypocrisie : il n’organisait pas la promotion sociale sur l’arbitraire. Qu’on le veuille ou non, admettre aux concours nationaux, l’E.N.A. par exemple, des candidats « discriminés » c’est prendre la place de premiers recalés qui y ont droit. Gageons que si quelqu’un de ces premiers recalés a des parents dans la nomenclatura, il y a peu de risque que sa place soit vraiment menacée.

       Il y a un domaine où l’on voit très bien que la discrimination dite positive est une discrimination contre la classe moyenne, c’est le domaine du logement. Paris, à ce titre, est significatif au point que la chambre des notaires a tiré le signal d’alarme (Figaro du 29 IX 04) : les logements y sont trop chers pour la classe moyenne qui est progressivement repoussée vers la banlieue. Les publicités de l’immobilier nous disent que « les Français aiment le vert » ; mais aiment-ils vraiment les heures perdues en longs trajets inconfortables pour venir à leur travail et inversement pour rentrer le soir à leur foyer ? La vérité c’est que Paris maintenant n’est plus accessible qu’aux chers petits de la nomenclatura et aux milieux dits « défavorisés » qui bénéficient de la deuxième loi Gayssot dite de « mixité sociale ». Les vieilles familles parisiennes n’ont pas pu transmettre leur appartement à leurs enfants pour cause de droit de succession prohibitifs. Les squats, encouragés par des associations pseudo philanthropiques, ont détérioré des maisons, des rues, rendant la vie impossible à une population laborieuse qui, progressivement a dû quitter les quartiers populaires de Paris…pour la plus grande satisfaction des bétonneurs, qui récupèrent ainsi les terrains, et de leur riche clientèle qui ne voit pas ses enfants habiter ailleurs que dans la capitale. Ce scénario n’est sans doute pas propre à Paris ; on retrouve l’équivalent sur la côte méditerranéenne et sans doute dans bien des grandes villes.

       L’opacité du système de discrimination dite positive en fait une véritable arme contre le classe moyenne : une discrimination positive peut-elle ne pas être en même temps une discrimination négative ? C’est la question qu’on peut se poser en voyant brusquement rajeunir et brunir une grande moitié du personnel d’un super marché. Où sont passées les caissières habituelles, les vendeuses de la charcuterie ? Naturellement dans cette nouvelle sélection, ce n’est pas « la France d’en haut » qui est lésée ! Partout où l’on voit la discrimination dite positive on constate qu’elle fonctionne contre la classe moyenne : serait-ce un moyen, pour des élites incapables, d’éliminer la concurrence en cassant l’ascenseur social qui aujourd’hui ne fonctionne plus ?

       Quant aux objectifs que ce système prétend atteindre, l’expérience faite aux Etats-Unis montre que c’est un échec, comme nous le rappelle SOS Education : le système a, entre autre, pour effet de dévaloriser les bénéficiaires, aux yeux des autres et même aux leurs, alors même qu’ils sont à la hauteur du poste qu’ils obtiennent. Puisque la génération du bébé boum part à la retraite, ce n’est pas le travail qui va manquer : laissons les jeunes, quelle que soit leur origine, faire preuve de leur capacité et de leur courage pour remplir les places ; ne trichons pas sous de mauvais prétextes qui seront nécessairement perçus comme du clientélisme électoral… et remettons l’Education Nationale en état pour tous, y compris pour la classe moyenne qui, aujourd’hui, est la plus lésée par le mauvais fonctionnement chronique de l’Ecole depuis 1968. La classe politique lui doit réparation pour le tort qu’elle lui fait depuis lors.

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