DEMARXISER Le
Journal
Libération du 29 VI 07 rapporte le
mécontentement des journalistes du
« Monde ». Il s’agissait de
« la reconduction – ou non – d’Alain Minc à son poste
de président du
conseil de surveillance du groupe ». Les actionnaires
extérieurs et les
actionnaires intérieurs (les journalistes) ayant chacun dix
voix, M. Minc n’a
obtenu aucune voix des journalistes et n’atteint donc pas les 11 voix
nécessaires à sa reconduction. Pourtant « Claude
Perdriel, par ailleurs PDG du
« Nouvel Observateur », le déclare …
élu. (…) abasourdis les
actionnaires internes (Société des rédacteurs du
Monde, personnels des publications
de la Vie catholique, journalistes du Midi Libre, employés et
cadres du Monde)
n’en croient pas leurs oreilles. Ils protestent, rappellent que les
statuts
sont clairs sur ce point : « C’est onze voix, pas
dix ».
Rien n’y fait. Minc : « Vous n’êtes pas d’accord,
le Tribunal
tranchera (…) Personne ne moufte. Ni le représentant de St
Gobain, ni celui du
Crédit mutuel, ni celui de Safran, ni celui de
Médéric, tous ces grands groupes
cotés en bourse (…) Les représentants des actionnaires
internes claquent la
porte » Dans
un long
article, Nicolas Cori se plaint : « Médias,
affaires, politique :
Minc joue sur tous les tableaux » : les journalistes
crypto marxistes
ne s’étaient donc jamais interrogés sur la
présence de ce beau monde du Cac40
au conseil de surveillance de ce quotidien de gauche ? Jusqu’ici
la presse
française a bien toléré cette étonnante
ambiguïté : les journalistes
gaucho marxistes et christo marxistes dénoncent les
iniquités du capitalisme,
et les capitaux leur viennent … des capitalistes. De
cette
réflexion tardive le Figaro économie du même jour
donne une explication :
« Les journalistes du Monde reprochent à Alain Minc
sa proximité affichée
avec Nicolas Sarkozy ». La situation dialectique
caricaturale du conseil
de surveillance du Monde éclate enfin au grand jour mais elle
n’est pas unique
dans la presse de gauche qui devrait y perdre sa
crédibilité. Elle se manifeste
par exemple dans la grande étude présentée par le
même numéro de Libération
sous le titre « Au bonheur des riches ». Que
« les nantis
gagnent à la roue de la fortune », ce n’est pas un
scoop : c’est
ainsi depuis l’Antiquité. On peut y étaler les 4 plus
grandes richesses de
France entre 17 et 6 milliards d’euros, nous savons bien qu’il ne
s’agit pas là
d’un revenu à dépenser pour un confort quotidien et que,
sans de telles
fortunes, la France n’aurait aucun poids dans le monde
économique. Les fortunes
créent les emplois (entre autre dans le
journalisme !) : c’est une
des leçons de la Révolution Française qui a
fabriqué du chômage en faisant
émigrer les riches. Contrairement à ce que dit cette
étude, la suppression des
droits de succession ne profitera pas « qu’au 5% des
contribuables les
plus riches » : combien d’enfants ont dû vendre
l’appartement
familial dont ils avaient grand besoin, pour satisfaire la boulimie du
fisc, ou
sont obligés de se dessaisir de la terre cultivée par
leurs pères pour le plus
grand profit, in fine, des promoteurs. L’enquête eût
été intéressante si elle
avait été moins polémique, moins braquée
sur les « super
privilégiés » : nous aurions aimé
savoir pourquoi, dans un monde qui
s’enrichit, notre classe moyenne s’appauvrit et se paupérise.
Focalisée sur
l’attaque des riches de France, cette enquête ne nous l’apprend
pas. En fait
elle ne nous apprend rien. Nous
souhaitons
que les Français soient plus riches, à tout le moins
qu’ils ne soient pas
spoliés de la retraite que l’Etat les contraint à verser.
Nous comprenons que
des pays pauvres demandent des investissements étrangers pour
développer leurs
richesses potentielles, mais nous aimerions savoir par quel tour de
passe-passe
de tels demandeurs investissent dans les pays riches, comme le fait la
Chine,
ou constituent des réserves en dollars comme la Russie de
Poutine qui en est le
3ème détenteur mondial. Les journalistes ne
seront crédibles que
lorsqu’ils abandonneront la vision marxiste d’hier pour nous permettre
de
comprendre l’économie d’aujourd’hui. Sinon, à les voir
ainsi pacsés avec le
grand capital, nous pourrions nous souvenir de l’affirmation de
Lénine
« les capitalistes vous vendront même la corde pour
les pendre ! »,
ou nous interroger sur une possible collusion du mondialisme de la
finance et
du mondialisme marxiste pour dépouiller les classes moyennes qui
en font les
frais.
L’
ANALYSE ECONOMIQUE
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