CONSEIL  POUR L’ EXPLICATION  DE TEXTE



Dans le cadre du baccalauréat, examen qui couronne en France les études secondaires, le troisième sujet de philosophie à traiter au choix se présente sous forme d’explication de texte. Pour préciser l’exercice on a cherché une formulation. Pendant quelques décennies on a chapeauté le texte de la phrase suivante : « vous dégagerez l’intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée », formulation qui n’a pas paru satisfaisante puisqu’elle est remplacée par : « expliquez le texte suivant » et, après le texte : « la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. »

En fait cet exercice comporte assez normalement trois parties :
1) l’explication du texte, et elle doit être précise
2) une mise en contexte qui peut se faire par rapport à l’auteur lui-même, bien qu’on ne soit pas obligé de le connaître, soit par rapport à la problématique de la question, à travers le temps par exemple.
3) Si on vous donne un texte c’est pour tester votre capacité à bien lire la réflexion d’un philosophe, c'est-à-dire vous encourager à ne pas vous contenter d’information de deuxième main. Mais c’est aussi pour vous inciter à réfléchir par vous-même à partir de la réflexion de quelque autre : il n’est donc pas exclu qu’une troisième partie, voire une quatrième vous donne l’occasion d’une réflexion personnelle.

On dit que lors de la dernière session les candidats sont massivement sortis une heure avant la fin de l’épreuve de philosophie et qu’ils étaient satisfaits de leur travail. Espérons que cette satisfaction sera partagée par leur correcteur…mais il est à craindre que la majorité de ceux qui ont expédié la réflexion en n’utilisant que les trois quarts du temps n’avaient pas l’habitude de réfléchir, en effet quatre heures ça peut être très juste pour qui réfléchit vraiment sur son sujet. Il me semble qu’on peut déjà compter une bonne heure de travail personnel pour soi-même avant d’écrire et alors on a quelque chose à dire.

La première partie est délicate à conduire : elle ne doit pas tourner à la paraphrase du texte. On peut l’exécuter en s’inspirant du modèle de questionnaire fourni aux candidats  des sections techniques : dégager, au moins pour soi, dans un premier temps, l’idée générale du texte, de la même manière chercher les termes ou les expressions qui méritent une attention particulière parce qu’ils orientent le sens du texte ou, parfois, parce qu’ils y ont un sens particulier. Ce travail fait pour vous-même, pour approfondir la compréhension, il vous revient de présenter votre explication au mieux ; évitez d’être trop balourd dans l’expression suivant le nouveau modèle malencontreusement en usage depuis un certain temps en français et dont nous avons fait une critique dans ce site ( « vos enfants n’aiment pas l’école : ont-ils tort ? » études I et surtout II « le charabia de culture ») : vous y verrez un modèle de gâchis stylistique à ne pas imiter.          
 


 

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