TRENTE ANS DE LUTTE CONTRE LE  CHOMAGE



Mais qu’ont donc les jeunes chez nous à ne pas vouloir entrer dans le marché du travail ? Depuis une trentaine d’années, les plans se succèdent en vain pour les y pousser … à vrai dire ces plans se bousculent en période préélectorale… Et que sont les jeunes devenus ? Des moins jeunes évidemment : trente ans c’est près des deux tiers d’une vie professionnelle, aussi en voit-on  dans la force de l’âge parmi les S.D.F.  ( traduisez « sans domicile fixe », vagabonds, clochards mais les initiales sont tellement commodes pour ne pas dire les choses !)

On aurait presque pitié de cette classe politique occupée depuis 30 ans, à mettre fin au chômage des jeunes, (qu’elle ne voit pas vieillir dans la rue), et qui considère le chômage de longue durée comme un problème psychologique : « à ne plus travailler on en arrive à ne plus vouloir s’insérer dans le monde du travail » nous a-t-on expliqué.

Mais le chômage n’est pas essentiellement un problème psychologique ! A liquider l’industrie comme on l’a fait en France, depuis 1974, en ouvrant les frontières à tout va, il devait bien arriver un moment où l’on ne pourrait plus offrir les nombreux emplois qu’elle proposait. La lecture du livre de Maurice Allais « le Mondialisme, la destruction des emplois et de la croissance » (édition Clément Juglar) nous fait jeter un coup d’œil nouveau sur les « S.D.F. » : on s’aperçoit qu’ils sont souvent jeunes, plus jeunes que ne le suggèrent les apparences. Ainsi celui qui, dans tel couloir d’immeuble a trouvé refuge pour y passer les nuits, paraît avoir 70 ans ; il en a 50, il est invalide et bien élevé : il remet en place en partant ce qu’il a dérangé. Cette clocharde qui marche si difficilement en traînant ses biens dans cinq grands sacs en plastique a de beaux yeux bleus et une peau bien lisse qui témoigne de sa jeunesse, et, si vous l’aidez à porter ses sacs, elle vous dit « ce n’est pas à vous de m’aider », reconnaissant ainsi la différence des âges. Le regard illuminé par quelque souvenir, elle vous dit « j’ai eu de la chance. Je ne le savais pas. C’est quand on l’a perdue qu’on le sait. » Voilà à quel état les beaux indifférents de notre classe politique ont réduit des gens de notre nation : leurs plans contre le chômage des jeunes ne peuvent régler le problème de fond qui est la liquidation de notre industrie.

La classe politique a pratiquement fait tout ce qu’il ne fallait pas en matière économique : une Union Européenne abandonnant la préférence communautaire dont l’Angleterre, entrée à regret dans l’Union Européenne, ne voulait pas, une monnaie unique pour une Europe qui passe de 6 à 25 … en attendant pire, avec l’aide forcée des peuples fondateurs pour que les autres rattrapent leur niveau de vie : à ces conditions tous les pays voisins de cette Europe se sentent vocation à y entrer et se déclarent prêts à accepter les droits de l’homme (pas nécessairement ceux de la femme) pour avoir droit à la caisse !

Maurice Allais signale que l’Europe est déjà surpeuplée économiquement (l’ouvrage est publié en 1999) et donc que l’immigration y est une lourde erreur : de fait, quand on ne parvient pas à donner du travail à ses nationaux, il n’est pas rationnel de faire venir des immigrants. Mais, parait-il, les « textes européens » ne permettent pas de renvoyer chez eux les chômeurs étrangers … Qui donc a signé ces textes ? Au prix où le chômage est payé en Afrique, il est évident que les Africains préfèrent l’Europe, et il y a, en France, tant d’associations subventionnées pour les aider, même illégalement, tandis qu’on persécute ceux qui, à Paris, distribuent la traditionnelle soupe au lard à nos sans logis !

Depuis 1974 la croissance en France s’est effondrée de plus de 50% comme le montrent les graphiques ( Maurice Allais : ibidem) dès lors quelle efficacité peut-on accorder aux politiques de l’emploi des jeunes menées depuis trente ans par les deux équipes concurrentes pour l’accès au pouvoir et à ses privilèges ?  Les plans dits d’aide à l’emploi, financés par les impôts, sont des gesticulations électorales onéreuses qui accroissent la dette nationale sans jamais s’attaquer aux problèmes de fond. Ainsi s’aggrave la situation économique et, le temps passant, les jeunes, vieillissant, passent l’âge de l’insertion dans la vie active ; ils passent aussi l’âge d’acquérir un toit, d’avoir un foyer, une famille. Nul ne sait si l’Enfer est pavé de bonne volonté, mais il est sûr que la bonne volonté, trop affichée, de notre classe politique débouche, pour beaucoup de nos compatriotes, sur une vie infernale.


  

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